Ai-je une poussière dans chaque œil ?
Ou est-ce juste une très grosse poussière ?
J’ai failli tomber hier, ou trébucher. Trébucher amoureux. Donc je n’ai pas trébuché, mais j’ai senti le point où la jambe avance dans le vide et le poids se porte vers l’avant et il suffit d’un mot
Et la poussière est partie
Et la jambe est revenue
Et le poids a recommencé
à peser sur le sol.
La gravité (qu’il est moche, ce mot)
fait que quand on tombe, on ne tombe pas vers le haut.
T’es con, vous allez dire, et la Terre n’est pas plate non plus.
Et pourtant
J’ai senti le point où ma tête voit le vide et mes mots se portent vers l’avant et ils sortent sans craindre les pavés et ils volent maintenant
10.9.23
19.8.23
M
J'ai pris un pastis. Il y avait une quiche aux champignons. Une salade de tomates. Une laitue. Un roquefort.
C'était sympa. La musique me rappelait que j'ai été libre à un moment. Pas longtemps. 4 ans, ou 5. Et normalement, je me serais senti triste. Parce que la liberté, ou plutôt le rêve de liberté n'est plus aujourd'hui qu'un souvenir. Mais ce soir, c'était différent.
En physique, on parle du moment M, l'instant avant lequel il n'y a rien, et après quoi rien n'existe encore. Quand on lie tous ces moments M, on se pose dans un passé et on s'imagine dans un futur, mais l'instant lui-même est tellement fugitif qu'on ne le sent plus. Il n'existe plus. En fait, il ne peut pas exister. Alors le vide s'installe. Les Ms passés nous aspirent d'un côté et les Ms futurs nous aspirent de l'autre. Et au milieu il n'y a que le désespoir.
Ce soir, il n'y avait qu'un seul moment. Et il a duré. Et c'était chouette. Parce que je savais que tu étais quelque part, à passer un bon moment avec des amis. Que tu allais rentrer heureuse. Que tu allais te coucher. Que tu regarderais peut-être tes messages. Que tu verrais peut-être les miens. Et que tu te dirais, tiens, lui aussi il a passé un bon moment.
Et nos deux Ms, aussi parallèles ou perpendiculaires qu'ils puissent être, ils seraient là, à se regarder de biais, à se dire que finalement c'était pas mal, et qu'on n'a pas besoin ni d'un passé ni d'un à venir pour exister. Et ils rigoleraient et ils s'assoupiraient et ils iraient se coucher.
C'était sympa. La musique me rappelait que j'ai été libre à un moment. Pas longtemps. 4 ans, ou 5. Et normalement, je me serais senti triste. Parce que la liberté, ou plutôt le rêve de liberté n'est plus aujourd'hui qu'un souvenir. Mais ce soir, c'était différent.
En physique, on parle du moment M, l'instant avant lequel il n'y a rien, et après quoi rien n'existe encore. Quand on lie tous ces moments M, on se pose dans un passé et on s'imagine dans un futur, mais l'instant lui-même est tellement fugitif qu'on ne le sent plus. Il n'existe plus. En fait, il ne peut pas exister. Alors le vide s'installe. Les Ms passés nous aspirent d'un côté et les Ms futurs nous aspirent de l'autre. Et au milieu il n'y a que le désespoir.
Ce soir, il n'y avait qu'un seul moment. Et il a duré. Et c'était chouette. Parce que je savais que tu étais quelque part, à passer un bon moment avec des amis. Que tu allais rentrer heureuse. Que tu allais te coucher. Que tu regarderais peut-être tes messages. Que tu verrais peut-être les miens. Et que tu te dirais, tiens, lui aussi il a passé un bon moment.
Et nos deux Ms, aussi parallèles ou perpendiculaires qu'ils puissent être, ils seraient là, à se regarder de biais, à se dire que finalement c'était pas mal, et qu'on n'a pas besoin ni d'un passé ni d'un à venir pour exister. Et ils rigoleraient et ils s'assoupiraient et ils iraient se coucher.
15.8.23
Reflets
[22:11, 14/08/2023] À propos d'écriture, je voulais dire péniblement tout à l'heure en écrivant d'une main avec les yeux plissés sur l'écran et la lumière du soleil qui baissait, que les échanges qu'on a ce sont des trucs qui font bouger des choses qui étaient entassées au fond. Ça trouble les eaux, mais c'est dans les eaux troubles que la lumière du soleil trouve des chemins inattendus. C'est ça qui m'intéresse. ✔️
[22:12, 14/08/2023] C'est pas facile de transformer l'énergie que donne la détestation du monde en quelque chose de positif, à défaut d'être beau. ✔️
[22:14, 14/08/2023] Ça demande des miroirs où les choses sont diffractées et où les reflets qui restent vont droit au fond des mots. ✔️
[22:12, 14/08/2023] C'est pas facile de transformer l'énergie que donne la détestation du monde en quelque chose de positif, à défaut d'être beau. ✔️
[22:14, 14/08/2023] Ça demande des miroirs où les choses sont diffractées et où les reflets qui restent vont droit au fond des mots. ✔️
13.7.23
Lourdeur
Ça fait bizarre de savoir Kundera mort.
J’ai commencé à apprendre l’allemand au collège, on était en 80. Donc en pleine guerre froide, mais à 11-12 ans on ne savait pas ce que ça voulait dire. Ma prof était autrichienne.
C’est peu après que maman m’a montré Kundera, elle avait dû lire La Plaisanterie ou Le Livre du rire et de l’oubli. J’étais en seconde quand j’ai découvert à sa sortie L’insoutenable légèreté de l’être. Le Printemps de Prague, l’Est. Pour la première fois sous mes yeux. Maman avait 42 ans. J'en ai 54 cette année.
En 88 j’ai vu le film. C'était mes premières années à l'université. Mon monde débordait. J’en ai encore des images dans la tête. L’insoutenable légèreté de l’être a été mon livre préféré jusqu’à ce que je lise Dalva, de Jim Harrison, que le libraire en face de la fac, M. Benech, m'avait conseillé. Mais c’est surement celui que j’ai le plus donné à des ami·es.
On n'a plus l'âge de nos premières lectures.
1.6.22
Re: Ce que je pense de la Fête des Mères
Bonjour Emma !
Quelques points un peu random :
- Les 4 têtes de la NUPES sont des mecs. Je suis fan de Mélenchon, mais quand même.
- Mais les choses sont appelées à changer. Même la CGT envisage de mettre une femme à sa tête.
- L'immense majorité des personnes qui se sont exprimées lors du lancement du parlement de la NUPES sont des femmes.
- Ça m'a fait le même effet que quand j'ai regardé Atlanta avec mon fils (métis japonais français) et que j'ai remarqué qu'il n'y avait quasiment pas de blancs.
- Le choc que j'ai ressenti vient de la réalisation visuelle que le monde d'avant était intégralement monopolisé par des hommes blancs qui en tant qu'hommes blancs n'ont pas eu grand chose à faire pour apparaître en première place. Mais c'est leur absence de ces scènes qui rend le mieux la violence de leur omniprésence.
- Savoir que je fais partie de ce monde-là, le monde des hommes blancs, me fait souffrir plus que je ne l'aurais jamais imaginé. Et c'est 25 ans de Japon, où les « blancs » sont « jaunes » qui rend cette réalité encore plus visible puisque je ne peux être ici que spectateur.
- Dans la 11e circonscription des Français-es de l'étranger, on a eu un parachutage énorme et pénible du PCF qui a complètement ignoré des années de travail « local » de la FI (local = Biélorussie — Nouvelle-Zélande). Bref, candidate femme ou pas ça ne m'a pas donné envie de m'investir plus
- Et j'ai décidé de mettre mes « services » à dispo de la 10e circonscription qui elle s'étend de l'Afrique du Sud au Moyen-Orient en passant par l'Océan indien la Péninsule arabique et le Moyen-Orient, découpée soigneusement pour que la droite l'emporte (la gauche est majoritaire quand tu comptes l'Afrique dans son entièreté).
- La candidate est géniale. Chantal Moussa. Thèse en chimie et postdoc en France, retour au Liban où elle est chercheuse et prof. L'équipe m'a mis en écriture rapprochée où j'aide à écrire des notes, des communiqués de presse, je fais un peu de mise en page, je touite, etc. Il y a vraiment beaucoup de mecs, pas de toxicité apparente, et beaucoup de fatigue qui n'a pas de genre, ou peut-être que si.
- Maman aura 80 ans en novembre. Elle a été diagnostiquée avec Parkinson 6 mois après avoir pris sa retraite, il y a 15 ans. Elle vit séparée de papa depuis plus de 30 ans. Et seule depuis 2 ans. Le mois dernier elle s'est fracturé le col du fémur. Elle vient de sortir de l'hôpital.
- J'aimerais être à côté d'elle. Lui dire que je l'aime et que même si on n'a peut-être plus beaucoup de temps à être ensemble, et la distance n'aide pas, toutes les femmes que je connais portent comme elle le même refus de baisser les bras, alors même si je suis loin, je pense à elle tous les jours, et j'essaye de ne pas baisser les bras moi non plus.
Merci.
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