L’autre jour, j’ai trouvé un magasin de café qui vend aussi à ses clients des grains non torréfiés. J’en ai pris 100 grammes. Du brésilien. Et à la maison j’ai essayé avec une poêle Téfal, le seul truc que j’avais dispo. Ça a marché plutôt bien, au-delà du gaspillage de gaz. Les grains avaient une couleur sable foncé. Passé au moulin à main, filtre, eau chaude, et hop, un truc bien slow-life avec les moyens du bord, mais un peu pisse d’âne, comme aurait dit papi, enfin je crois.
Bon, je sais qu’avec le réchauffement climatique, boire du café brésilien torréfié au gaz de ville au Japon, et écrire ce truc sur un blog qui va faire tourner un serveur pour rien, ça fait un peu tueur en série. Pour compenser, je vous le dis, je suis allé acheter le café en vélo (et on s’est coupé deux veines début mars pour acheter une hybride d’occase qui nous fait du 3 litres aux 100).
J’avais quand même mal au cœur. Le gaz, ça ne doit pas servir à chauffer l’air, surtout en été. Alors j’ai cherché un truc. Et au Japon (et sans doute ailleurs), il existe un accessoire domestique qui sert à faire griller des graines pour la cuisine (sésame) ou pour les boissons (mugi). C’est comme une petite casserole, mais en filet métallique aux mailles serrées, avec un couvercle dans le même matériau, fixé à un bord, et qui se verrouille sur la poignée en se fermant. Vous savez sûrement comment ça s’appelle en français, moi non.
J’ai essayé le machin hier. Dans la semi-obscurité de l’appartement dans l’après-midi. Le résultat a été très torréfié… Un peu noir même. Mon café favori, Minami, nous sert des grains comme ça. Il faut aimer. Nous, on est plutôt habitués à des saveurs plus douces. Des grains plutôt marron clair.
Alors j’ai essayé de nouveau aujourd’hui. Première différence, la cuisine n’a pas été enfumée. C’est un progrès d’autant plus qu’on a eu les gens de l’entretien qui sont passés la semaine dernière pour vérifier nos détecteurs de fumée, et ils marchent au poil. Deuxième différence, j’avais allumé la lumière à côté du gaz et j’ai donc pu voir l’évolution de la torréfaction en live, et j’ai pu ainsi arrêter au moment où les grains commençaient à prendre une teinte chemin de terre un peu humide, juste quelques minutes après le début de la manip. Une estimation au nez de la consommation de gaz, un dixième de ce que j’ai eu lors de ma première tentative. Le truc est bon, avec un arrière-goût fruité, et même Yuto a dit que c’était plus buvable qu’hier.
Victoire donc du « fait à la maison » (si l’on s’autorise à omettre du processus l’extraction et l’acheminement du gaz), et commentaire de la voisine « Jean-Christophe super slow-life » ou un truc comme ça. Et là, illumination. Ce que je fais, ça n’est pas du slow-life. C’est du total-normal-life. Je ne vais pas jusqu’à faire pousser mon café tout seul (et j’aurais du mal sous ces latitudes), mais ces 20 minutes passées à faire autre chose que trimer ou regarder Twitter, c’est normal, et c’est même un peu comme ça que je me rappelle une époque pas si lointaine où on savait déjà que le café instantané c’était dégueulasse, et qu’on pouvait prendre un livre ou aller se promener pour remplir un vide (ou était-ce l’inverse ? on remplissait le vide du porte-monnaie avec des trucs chiants, ça n’a pas changé, pour passer le reste du temps à passer le temps et regarder les abeilles butiner).
Pour conclure cette journée bien avancée, je vais aussi me faire 2 litres de liquide vaisselle et 4 litres de lessive. Ah, et on a acheté l’autre jour un pot à faire du compost, pour les noyaux d’avocat sur le balcon. À dans 5 ans donc (non, je blague), quand on n’aura plus à manger des trucs importés du Mexique.